Des notes inédites sur Pierre Reverdy

Manuscrit de Maurice Saillet sur la vie de Pierre Reverdy

(acquisition 2018)

 

Parmi la richesse des collections patrimoniales de la Médiathèque du Grand Narbonne, il existe un fonds particulier qui ne cesse de se développer depuis quelques années à savoir le fonds Pierre Reverdy, du nom du poète né à Narbonne en 1889.

Ami de grands poètes comme Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Louis Aragon et André Breton, Pierre Reverdy fréquenta également de nombreux artistes avec qui il collabora tout au long de sa vie sur ses recueils : Pablo Picasso, Georges Braque ou Henri Matisse.

Outre les éditions originales acquises au gré des ventes, la Médiathèque a eu l’opportunité d’acheter en 2018 un manuscrit inédit de l’écrivain Maurice Saillet (1914-1990) relatant des épisodes inédits de la vie du poète, écrit quelques semaines après sa mort.

Le manuscrit du critique littéraire Maurice Saillet était destiné à Gabriel Bounoure (1886-1969) autre écrivain français, en charge de la poésie à la Nouvelle Revue Française.

Souhaitant publier un essai sur Pierre Reverdy, Gabriel Bounoure sollicita Maurice Saillet qui lui envoya 5 feuillets manuscrits sur quelques faits marquants de sa vie, lui demandant expressément de détruire ses feuillets après lecture…

Notes1.jpgAu gré des lignes, on y apprend que le père de Reverdy, négociant en vins, fut ruiné après la Révolte des vignerons en 1907 ; le poète en ressentira une aversion envers Clémenceau toute sa vie. Puis ses parents divorcèrent.

Plus loin, sont évoqués l’amour de Pierre Reverdy pour son père et son grand-père paternel ; l’auteur cite aussi sa sœur Henriette, de trois ans son ainée, à la santé mentale fragile et qui écrivait aussi un peu de poésie.

Dès la mort subite de son père en 1911, Pierre Reverdy ne revint plus jamais à Narbonne.

Suivent d’autres relations de Pierre Reverdy pendant ses années parisiennes (1910-1926) puis dans sa retraite de Solesmes (Sarthe) où il vécut jusqu’à la fin de ses jours.

Grace à ses souvenirs, les propos de Maurice Saillet, un proche de Reverdy, permettent de ressentir à la fois tout le mal-être, l’agitation et les blessures du poète, mais aussi toute l’admiration qu’il lui inspirait. 

 

 

Le manuscrit est consultable sous conditions pour les chercheurs :

s’adresser au service patrimoine.

Publicités
Publié dans Manuscrits, Patrimoine écrit | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Extraordinaire ! : un recueil d’estampes du XVIIe siècle découvert dans les réserves

Après la découverte d’un 13eme incunable dans les fonds anciens, un nouveau document précieux a été exhumé des réserves. Il s’agit d’un recueil de gravures des XVIe et XVIIe siècles, œuvres du peintre flamand Maarten de Vos et des frères Raphael et Johann Sadeler, issus d’une dynastie reconnue de graveurs flamands.

L’ensemble regroupe 138 estampes (format 21 x 17 cm environ), présentées 2 par page dans un volume in folio

MGN0002 - Copie

(S 740 – Fonds précieux Médiathèque du Grand Narbonne)

L’ouvrage est composé de 5 séries de 26 ou 30 gravures intitulées respectivement :

Solitudo sive vitae patrum eremicolarum (ou le désert ou la vie des ermites) (1585-1586)
Oraculum anachoreticum (ou l’oracle des anachorètes) (1600)
Sylvae sacrae (ou Des forêts sacrées) (1594)
Trophaeum vitae solitariae (ou Trophée de la vie solitaire) (1598)
Solitudo sive vitae foeminarum (ou le désert ou la vie des femmes) ab Justo Sadeler (1621)

Sadeler2

Toutes ces estampes sont des gravures sur cuivre (eau-forte ou burin) d’après les dessins de Maarten de Vos (1532-1603) peintre et graveur flamand ; elles représentent des portraits d’ermites, d’anachorètes (moines retirés de la société pour vivre dans la solitude), hommes ou femmes (dernière série).

Sadeler1 - Copie

Ce recueil a été repris plus tard par Thomas de Leu et Jean Leclerc au début du XVIIe siècle, mais en imprimant les gravures inversées par rapport à celles des frères Sadeler.

Actuellement seuls deux exemplaires de la première édition de ce recueil sont référencés à la Bibliothèque Nationale de France et à la Bibliothèque des Arts Décoratifs de Paris. Les séries sont ailleurs souvent éparpillées et reliées séparément.

L’exemplaire narbonnais, qui semble un des plus complets encore conservé, serait le 3eme exemplaire connu dans le monde.

 

Publié dans Incunables, Patrimoine écrit | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Un incunable sorti de l’ombre

Le métier de bibliothécaire dans un fonds patrimonial peut nous apporter de belles surprises et de fortes émotions… C’est le cas avec cet incunable* retrouvé par hasard sur une étagère dans le fonds ancien, au cours d’une recherche des plus banales.

A l’intérieur d’une reliure XVIIIe siècle des plus courantes, quelle ne fut pas notre surprise de découvrir sur un papier épais et légèrement jauni, un texte en caractères gothiques, et plus précisément en gothique bâtarde (caractère utilisé alors plus spécifiquement pour les textes français de la fin du Moyen Age).

Agrémenté de nombreuses xylogravures,  le texte disposé sur une colonne est écrit en français moyen et les initiales et têtes de chapitres rehaussées de peintures rouges.

Nous fûmes rapidement convaincus que cet ouvrage n’était pas à sa place et méritait, outre des recherches approfondies d’identification, une place dans notre réserve précieuse.

Nous primes contact avec le Centre d’Études Supérieures de la Renaissance, en la personne du professeur Pierre Aquilon. Ce centre de recherches universitaire, basé à Tours, est spécialisé sur la période en question et en particulier sur son patrimoine écrit.

Après plusieurs échanges via messagerie électronique, Pierre Aquilon nous confirma que cet ouvrage était un roman de chevalerie très populaire intitulé « Fierabras » mis en prose et adapté par Jean Bagnyon et sortie sur les presses lyonnaises de Guillaume Le Roy à la fin du XVe siècle.

« Fierabras » est une chanson de geste anonyme française appartenant à la Geste du Roi et racontant les aventures du géant Fier-à-bras.

Notre incunable (puisqu’il s’agit d’un incunable* !) appartiendrait à la 3e ou 4e édition de cet ouvrage populaire, et aurait été imprimé en 1484 ou 1487. Jusqu’à maintenant, deux exemplaires de cette édition sont connus dans le monde : à la BNF (mais très incomplet) et à la Bibliothèque universitaire de Liège. L’exemplaire narbonnais serait donc le 3e exemplaire connu de cette édition dans le monde. Seuls manqueraient la page frontispice et les 5 derniers feuillets. La Médiathèque du Grand Narbonne n’est pas peu fière….

Cette rareté sera présentée aux Journées du Patrimoine le 16 septembre prochain à la Médiathèque lors des visites commentées des réserves.

*livre imprimé en Europe avant 1501

Publié dans Incunables, Patrimoine écrit | Tagué | Laisser un commentaire

C’est le printemps ! A vos chaussures de marche !

Pour l’arrivée des beaux jours, le secteur patrimoine de la Médiathèque vous propose de découvrir notre belle région, grâce à l’ensemble des cartes de randonnée acquises récemment.

Des massifs pyrénéens au littoral audois, des contreforts du Haut Languedoc aux plages catalanes, les principales balades d’Occitanie et de Midi-Pyrénées sont rassemblées dans ces dizaines de cartes IGN (1 :25 000 ou 1 : 50 000).

Vous pouvez emprunter toutes ces cartes pour la durée habituelle de trois semaines.

Bonnes balades !

Publié dans Cartes et Plans, Patrimoine écrit | Laisser un commentaire