Le fonds Joseph Pigassou

Comme évoqué dans un précédent blog patrimonial, la Médiathèque est fière de compter dans ses fonds un récent legs comprenant le journal de bord et les photographies que le félibre narbonnais Paul Albarel rapporta de Salonique. D’octobre 1915 à juin 1917, il y officie en tant que médecin militaire dans l’Armée d’Orient pendant le front de Salonique. Il est chargé de l’évacuation des blessés.

journal

Extrait du journal de route Paul ALBAREL (La Médiathèque du Grand Narbonne)

A la suite de cette communication, Bernard Maurice contacte la Médiathèque et met en parallèle le destin de Paul Albarel avec celui de son grand-père, Joseph Pigassou.

Comme Paul Albarel, cet homme était aussi narbonnais, médecin et envoyé en 1915 sur le front d’Orient. Il fut auparavant expédié sur le front des Dardanelles, puis sur celui de Serbie, avant de rejoindre Salonique, où il rencontrera Paul Albarel fin décembre 1915.

salonique 169 N

Joseph PIGASSOU sur le quai de Salonique (La Médiathèque du Grand Narbonne)

Alors que Paul Albarel tient un journal de bord quotidien, Joseph Pigassou parcourt la ville, son appareil photographique en bandoulière pour découvrir et immortaliser les différents quartiers de cette ville cosmopolite et leurs habitants.

Pour maintenir la cohérence de ces deux fonds, Bernard Maurice décide de donner à la médiathèque l’ensemble des plaques de verre et des négatifs de son grand-père, et commence une comparaison précise et patiente de ceux-ci avec les photographies rapportées par Paul Albarel. Quelques photos de Paul Albarel se révèlent être se révèlent être des clichés de Joseph Pigassou!

Outre leur esthétique certaine, ces prises de vues comportent un intérêt historique puisqu’elles furent effectuées avant le grand incendie de la ville de Salonique en 1917, mais aussi ethnographique, l’homme s’intéressant autant aux populations qu’aux monuments.

salonique 188 2400

Soldats à Salonique (cliché Joseph Pigassou, La Médiathèque du Grand Narbonne)

Ces deux fonds exceptionnels sont présentés pour la première fois au public et constituent l’exposition patrimoniale de la Médiathèque présentée tout l’été à l’espace Reverdy (aux horaires habituels de la Médiathèque, l’entrée est libre et gratuite).

salonique 194

Vendeur de limonade à Salonique (cliché Joseph PIGASSOU – La Médiathèque du Grand Narbonne)

salonique 196 hopital H4

Devant l’hôpital temporaire n°4 de Salonique où officia le Docteur Joseph Pigassou (cliché Joseph Pigassou, La Médiathèque du Grand Narbonne)

Salonique 162 2400

Vue de la ville haute de Salonique (Cliché Joseph Pigassou – La Médiathèque du Grand Narbonne)

salonique 063 2400

Vue du quai de Salonique, que Joseph PIGASSOU appréciait particulièrement (cliché Joseph PIGASSOU – La Médiathèque du Grand Narbonne)

Publié dans Patrimoine écrit, Personnalités | Tagué , , | 2 commentaires

LES POP UP : DES LIVRES ETONNANTS !

Les origines lointaines du livre système :

Dès la fin du Moyen Age, des manuscrits montrent des figures anatomiques avec des figures à languettes que l’on peut soulever. Les premiers livres à systèmes destinés à la jeunesse apparaissent en Angleterre en 1765, ce sont les Arlequinades de Robert Sayer.

La grande époque du livre à systèmes date du 19ème siècle.

Les innovations se multiplient : livres à volets, à tirettes, en relief. Tout est mis en œuvre pour parvenir à animer l’image, à lui donner du relief. Le plus célèbre des créateurs est l’Allemand Lothar Meggendorfer.

Après-guerre, on remarque les créations du designer italien Bruno Munari.
(Consultez l’article du Blog pour en savoir plus sur Bruno MUNARI)

Dans les années 60-70, on assiste à l’apparition du pop up.

En 1979, paraît « la Maison hantée » de Jan Pienkowski, le pop up le plus vendu dans le monde à ce jour. Le domaine est aujourd’hui extrêmement vivant avec ces créateurs vedettes comme Chuck Murphy, David Carter, Robert Sabuda ….

Alice_sebudaROBERT SABUDA

– Alice aux pays des merveilles
– Encyclopédino
– Lettres de Noël
– Bonjour hiver
– Monstres et dragons


CHUCK MURPHY
 :
– De un à dix

– De toutes les formes
– De toutes les couleurs

DAVID CARTER
– 600 pastilles noires
– Bruit blanc
– 2 bleu

– Un point rouge


Jean marc Fiess
JEAN-MARC FIESS

– 9 mois


ELMODIE

– Un singe dans la neige

ARNAUD ROI
Arnaud Roi :
– Dis pourquoi tu boudes ?

107052080_o

A l’heure actuelle, on constate l’émergence de nombreux créateurs dont l’imagination et la créativité ne cessent de nous impressionner.

Venez découvrir les « pop up » de la Médiathèque du Grand Narbonne

Publié dans Livres d'Art pour enfants, Patrimoine écrit | Tagué , | Laisser un commentaire

Zoom sur les collections Jeunesse avec STEPHANE SENEGAS

 

senegasStéphane Sénégas est né en 1974 à Carcassonne. Dès son plus jeune âge, il dévore les livres de la bibliothèque familiale, Tintin, Spirou et autre Lucky Luke lui donnent faim de dessins.

De petits griffonnages au fond de sa classe de lycée à son entrée à l’école Emile Cohl à Lyon, il y a eu quelques pas pour le mener à son diplôme en 1998. Il en ressort un artiste complet, peintre, graphiste, dessinateur de presse qui travaille aussi bien pour la publicité que pour le dessin animé, la bande dessinée ou l’édition jeunesse.

Auteur-illustrateur depuis plus de 10 ans, il voit son univers naviguer et n’a de cesse que de dépeindre la vie et ce qui la rend magnifique, mais toujours à travers des yeux d’enfants.

Humour, tendresse et sensibilité sont au rendez-vous dans son atmosphère créative, qui permet de rêver et de voyager.

Le trait de Stéphane Sénégas est épuré, précis et expressif.

Son métier, c’est aussi la rencontre d’enfants dans toutes les classes de France pour conter la naissance d’un livre, d’une histoire, d’un dessin, d’un personnage, de l’envers du décor.

Il vit aujourd’hui dans le Tarn et se consacre totalement au dessin et à l’écriture.

Actuellement, sa bibliographie compte une quinzaine d’albums dont Pourquoi les libellules ot le corps si long ?, Pirateries qui reçoit les honneurs de la sélection de l’Education Nationale, Reviens Père Noël, Reviens !, Laidie pépète, La sorcière Disco, Arrête de rêver, Les éphémères, Le pêcheur et le cormoran, et d’autres titres encore.

On le découvre dans le monde de la bande dessinée avec Mon père chasseur de monstres. En 2011, on le retrouve au scénario d’Anuki dont le cinquième tome est sorti en juin 2015.

Retrouvez les documents de Stéphane SENEGAS à la Médiathèque du Grand Narbonne

Ce diaporama nécessite JavaScript.

BIBLIOGRAPHIE

 Albums

2002
« La double mort de Mimi-Turtle » éd. Magnard
« Pourquoi les libellules ont le corps si long » éd. Kaléidoscope – Voir les planches

2003
« Reviens père Noël reviens » éd. Kaléidoscope – Voir les planches
« Pirateries » éd. Kaléidoscope – Voir les planches

2004
« Laidie Pépète la sorcière Disco » éd. Kaléidoscope
« Le grand voyage d’Oscar » éd. Flammarion

2005
« Comme si j’avais peur » éd. Kaléidoscope – Voir les planches
« Arthur et le dragon » éd. Kaléidoscope – Voir les planches
« Gris-gris et Perlimpinpin » éd. Flammarion

2006
« Arrête de rêver » éd. Kaléidoscope – Voir les planches
« Junglerie » éd. Kaléidoscope

2007
« L’éphémère » éd. Kaléidoscope – Voir les planches

2008
« Mr Animaux » éd. Kaléidoscope – Voir les planches
« La voiture à pédale » éd. Kaléidoscope
« L’enfant qui n’aimait pas les livres » éd. Danger Public – Voir les planches
« Qu’est ce que tu vois ? » éd. Kaléidoscope – Voir les planches

2013
« Le pécheur et le cormoran » éd. Kaléidoscope – Voir les planches
« Y a un monstre à côté » éd. Frimousse – Voir les planches

2014
« Le chevalier Noir »  éd. Frimousse

2016
« A dada sue mon bidet » éd. Frimousse

Bande Dessinée

2000
« Lyon quartier BD » -collectif-

2007
« Mon Père chasseur de monstres » éd. Danger Public – Voir les planches
« Anuki La guerre des poules » éd. De la Gouttière – Voir les planches
« Anuki  La révolte des castors »  éd. De la Gouttière – Voir les planches
« Anuki Le coup du lapin » éd. De la Gouttière – Voir les planches
« Anuki Duel dans la plaine » éd. De la Gouttière – Voir les planches
« Anuki Grand pied » éd. De la Gouttière

Documentaire

2008
« Le phasme » éd. Milan – Voir les planches
« Bâtons et bout de ficelle » éd. Milan – Voir les planches
« Le livre des traces et empreintes » éd. Milan
« Trop drôle » éd. Milan
« Que ferait-on sans eux ? » éd. Milan
« Quels bavards ces animaux ! » éd. Milan

APPLICATION IPAD ET ANDROÏD

« Anuki »

 

Publié dans Livres d'Art pour enfants | Laisser un commentaire

Les imprimeurs narbonnais…. Suite

A la veille de la Révolution, comme nous l’avons précédemment vu, le principal imprimeur-libraire de Narbonne est Jean-Baptiste Augustin Decampe.

Après avoir racheté les presses de la dynastie Besse, il s’installe dans l’ancien palais de la vicomté (à l’emplacement de l’actuel magasin Labau, place de l’hôtel de ville) et reste encore pendant cinq ans imprimeur du Roi.

Mais lors de ces périodes troubles de la Révolution, ce rachat s’avère désastreux pour l’homme  qui s’endette et qui finira ruiné.

La Révolution, en abolissant les privilèges, rend libre a priori l’exercice de l’imprimerie ; mais n’importe qui ne pouvait se déclarer imprimeur ;  l’obtention d’un brevet était nécessaire et théoriquement un seul imprimeur l’obtenait. Néanmoins, en 1790, un certain Pierre Caillard, originaire d’Anjou, s’installe à Narbonne. Il s’associe d’abord avec Antoine Gairaud pour ses premières impressions puis il obtient en 1794 le brevet « non héréditaire » pour l’exercice d’imprimeur.

 Son fils François lui succède.

Très vite l’entreprise de François Caillard se développe et fait de l’ombre à Decampe ; une rivalité entre les deux imprimeurs s’installe mais Caillard obtient son brevet d’imprimeur en 1811. Decampe face à cette concurrence, est obligé de vendre son fonds en viager en 1818 à Pierre-Jean-Jacques Sounié un de ses anciens ouvriers.

Les Caillard deviennent les imprimeurs attitrés de la municipalité, de l’Eglise, des riches bourgeois de la ville puis de la Commission Archéologique de Narbonne  (créée en 1833). François Caillard installe ses ateliers à l’angle de l’impasse Corneille et de la rue de l’ancien courrier et finit par obtenir un brevet héréditaire en 1820.

A cette époque, il s’associe avec l’imprimeur Sounié dans l’idée d’éditer à tour de rôle, le premier journal local hebdomadaire, les « Feuilles réunies » rassemblant annonces et faits divers de la ville de Narbonne, qui parut de 1821 à 1825.

Sounié V26

Médiathèque du Grand Narbonne, V 26 (1844)

Malgré cette collaboration, Sounié, comme son prédécesseur,  rencontre des difficultés face à l’émergence des Caillard ; François Caillard meurt en 1836 ;  lui succède son fils Pierre Emmanuel qui finit par racheter le brevet d’imprimeur de Sounié en 1846.

  En 1848, sortent des presses Caillard, 30 numéros du « Patriote », journal de Narbonne.

Pierre-Emmanuel est remplacé en 1885 par son fils François Caillard, personnage érudit qui sera très actif auprès de la Commission archéologique de Narbonne.  A sa mort en 1920, son fils Pierre reprend l’activité mais face à une grave crise sociale la même année, il se trouve dans l’obligation de fermer son imprimerie ; seule l’activité de librairie continue.

Parmi les très nombreux ouvrages imprimés par cette dynastie, mentionnons

–          Antiphonaire (1819)

Caillard V3

Médiathèque du Grand Narbonne, V 3 (1819)

–          Rapport sur le danger de déboisement des montagnes de la Clape par Julia (1821)

Caillard 24376

Médiathèque du Grand Narbonne, 914.48 CLA (1821)

–          Statuts règlementaires du Comice agricole de l’arrondissement de Narbonne (1857)

–          Syndicat des digues et canaux de l’Aude dans l’arrondissement de Narbonne (1843)

–          Lettre sur le choléra morbus épidémique observé à Narbonne en 1854 (1854)

Caillard 57407

Médiathèque du Grand Narbonne, 944.87 NAR (1854)

En 1848, est créée une nouvelle imprimerie du nom de Le Tessier. Après avoir publié pendant quelques temps un journal d’annonces intitulé « le Populus », elle disparait en 1850.

A cette époque, nous sommes déjà loin des ateliers typographiques des XVIe et XVIIe siècles et de leurs tirages restreints ; cette période voit l’émergence des publications « quasi industrielles » de presse locale, de petites monographies anonymes locales (poésies, thèses), mais aussi des programmes, des affiches, des almanachs, ou encore des publicités comme pour le commerce du vin qui  ne cesse d’accroître dans cette seconde moitié du XIXe siècle.

En 1866, A. Capelle crée l’imprimerie narbonnaise du courrier et publie entre autres l’organe « le Courrier de Narbonne » (qui parait jusqu’en 1944)

Il publia aussi :

  • Les composés tartriques du vin : nouveau procédé de vinification par Albert Calmettes (1887)
  •  Thèse pour la licence de Louis Narbonne (1875)
  •  Rimes mixtes et impressionnelles par Louis Bonnet-Salaman (1889)

Les ateliers de Capelle sont repris en 1893 par Louis Antonin Fenateu qui les transfère Boulevard Gambetta. Il y imprime le journal « la Croix du Sud ».

En 1871, Jean Bousquet crée un atelier dans l’actuelle rue Jean Jaurès (Rue de la République à l’époque). Celui-ci est rapidement dirigé par ses deux fils, Antoine et Jean et est transféré rue du 1er mai. Y est imprimé le « Républicain de Narbonne » (1874-1944). En 1945, François Brieu rachète les presses.

  • A partir de 1875, de nombreuses imprimeries voient le jour à Narbonne ; elles connaîtront des destins divers :
  • L’imprimerie Pouech en 1875 (rue Droite)
  • L’imprimerie Pons en 1884 (Place Voltaire) qui publiera l’organe de presse la « République sociale » et deviendra l’imprimerie nouvelle.
  • L’imprimerie Dedieu en 1890 (Rue du Pont) qui deviendra plus tard l’imprimerie Demeuleunère.
  • L’imprimerie Laffont en 1895 (rue Auber) qui sera rachetée en 1920 par Antonin Brieu.
  • L’imprimerie Canal et Sire en 1897 (Quai Mirabeau) qui sera rachetée en 1945 par François Brieu.
  • L’imprimerie Antonin Brieu en 1912 (Boulevard Gambetta) ; elle rachète en 1920 l’imprimerie Laffont ; en 1929 elle s’installe rue droite puis en 1935, sous la direction de J. Lombard, prend le nom d’imprimerie du Languedoc.
  • La même année, le fils d’Antonin François Brieu crée un atelier typographique place de la Révolution ; elle deviendra l’imprimerie Brieu Canal Bousquet.
  • L’imprimerie Brille et Gautier en 1920 deviendra l’imprimerie Gautier et fils  puis celle de l’artiste Fernand Gauthier.
  • L’imprimerie Vidal et Cazenave qui deviendra l’imprimerie de bourg….

La tradition des imprimeurs narbonnais n’est donc pas finie à Narbonne…..

Publié dans Patrimoine écrit | Tagué , , | 3 commentaires