Deux trouvailles à la Médiathèque

Deux trouvailles à la Médiathèque

(février 2021)

Lors de travaux réguliers d’inventaire des fonds patrimoniaux, nous avons découvert deux ouvrages singuliers, issus du fonds Sernin du nom de son généreux donateur, médecin à Narbonne et qui a légué toute sa bibliothèque au XIXe siècle.

Le Livre des poisons

Les commentaires de M. Pierre Andre Matthiole medecin senois, sur les six livres de Ped.

Dioscoride Anazarbeen de la matiere medecinale,

Paris, Roville, 1572.

1Ce livre est un parfait exemple du transfert des connaissances au fil des siècles. C’est un répertoire de la science médicale et botanique sous forme de commentaires de Dioscoride. De nombreuses planches botaniques illustrent cet exemplaire.

Au Ier siècle ap. JC, le médecin et apothicaire grec Dioscoride, considéré comme le père de la pharmacologie, écrit un document majeur sur la botanique et ses remèdes associés.

L’ouvrage est traduit en français et commenté par Pierre-André Matthiole, médecin botaniste du XVIe siècle. Matthiole y ajoute ses observations sur les plantes, les animaux, les minéraux et leurs remèdes. Il y présente notamment la composition de potions contre les poisons.

Ce livre est appelé vulgairement le Livre des Poisons.

 

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Le Premier Livre de chirurgie esthétique

De curtorum chirurgia per insitionem, libri duo… / Gaspare Tagliacozzi Bononiensis.

Venetiis, apud Gasparem Bindonum juniorem, 1597.

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L’auteur est un médecin italien du XVIe siècle connu pour être le premier à s’intéresser à la chirurgie faciale et en particulier à la rhinoplastie, et comme tel, considéré comme le précurseur de la chirurgie plastique et réparatrice.

Cette édition originale est ainsi le premier texte de chirurgie plastique dans l’histoire de la médecine.

L’auteur expose également les problèmes de soins post-opératoires et complications survenues, telles que l’hémorragie et la gangrène, fréquentes lors de ces opérations. Enfin, il explique comment cette technique pourrait être utilisée aussi pour réparer d’autres parties du visage (lèvres, oreilles).

À partir du XVIe siècle, la rhinoplastie est très courante à la fois comme remède contre la difformité grotesque du « nez de selle » causée par la syphilis et comme solution aux blessures résultant de duels.

Cette technique fut même encore pratiquée pendant la Première Guerre mondiale pour réparer « les gueules cassées ».

Divisé en deux parties, le volume présente d’abord la physiologie du nez puis décrit et illustre les instruments et les procédures opératoires pour la restauration du nez, de la lèvre et de l’oreille.

L’auteur explique les principes de l’intervention, présente les indications et les contre-indications ou explique encore le processus de cicatrisation.

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Numérisation des deux documents en cours.

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Un départ à la Médiathèque

Un départ à la Médiathèque

 

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Si vous fréquentez régulièrement la Médiathèque de Narbonne, vous avez sans doute remarqué, à l’accueil de l’établissement, à gauche en entrant une magnifique mosaïque scellée le long du mur : la mosaïque aux griffons affrontés.

Installé depuis l’ouverture de la Médiathèque, ce splendide pavement rappelle le passé prestigieux de la Narbonne antique et témoigne de la présence exceptionnelle de vestiges antiques et médiévaux à l’emplacement même de l’actuelle médiathèque.

Suite à la construction de la voie ferrée au milieu du XIXe siècle, sont aménagés à cet endroit les Jardins de la promenade de la gare, agrémentés d’un joli kiosque à musique et très prisés par les Narbonnais.

En 1999, en vue de la construction de la nouvelle Médiathèque, les premières fouilles de diagnostic sont effectuées par l’équipe de l’archéologue Philippe Mellinand.

Très vite, ces fouilles dévoilent la présence de trois maisons gallo-romaines, dont l’une d’elles renferme dans un supposé «triclinium» (salle à manger) ce magnifique pavement aux éclats de calcaire blanc, très rare, associé à un décor de mosaïque.

La  mosaïque se compose de deux parties : d’un côté un «emblema» (tableau amovible) à fond blanc avec des décors géométriques noirs, entouré d’une bande mosaïquée noire avec, en son centre, une rosace polychrome ; de l’autre une mosaïque en demi-lune en «tessalatum» (tesselles) blanc avec deux griffons s’affrontant de part et d’autre d’une coupe.

Communément appelé «mosaïque aux griffons affrontés», cet ensemble, le plus ancien trouvé en Gaule (- 25 av. JC) appartenait vraisemblablement à un logement relativement luxueux. A l’issue des fouilles, ce pavement fut reconstitué et installé dans le hall de la Médiathèque dès janvier 2004.

Seize ans après, ce mercredi 13 mai 2020, avec un petit pincement au cœur, la Médiathèque voyait la mosaïque aux griffons quitter ses murs ; celle-ci part rejoindre les nombreux et riches vestiges antiques narbonnais, rassemblés désormais dans le Narbo Via, futur musée qui ouvrira ses portes à la fin de l’année…

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Quand les publicités faisaient le Mur – 1

Quand les publicités faisaient le mur – épisode 1

 

La publicité murale apparaît en France au début des années 1840.

Le développement de la consommation de masse, l’essor des transports en commun et des grands axes routiers entraînent une nécessité de réclames en grand format et durable.

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Carte postale des halles de Narbonne  vers 1930 avec la publicité peinte sur les persiennes « Eaux du Boulou ». (collection privée Daniel Alibert)

Une publicité murale ou mur réclame (plus rarement enseigne murale) est un pan de mur, en général peint à la main, dont l’objet est d’indiquer la présence d’un magasin ou de faire la réclame d’un produit.

Aujourd’hui, les publicités murales qui ont survécu sont redécouvertes et sont considérées comme une trace des activités commerciales et industrielles, mais aussi des conceptions sociales et esthétiques d’une époque. 

Nombreuses sont les publicités murales qui n’existent plus aujourd’hui….mais certaines ont subsistées dans le département de l’Aude.

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Villedaigne, route principale

 

Les murs peints sont la solution et deviennent à la mode au début du XXe siècle. Un nouveau métier est né, pignoniste : peintre œuvrant sur les pignons des maisons.

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Façade du Palais des archevêques en 1904 donnant rue de la République (actuelle rue Jean Jaurès). Chocolat Menier. (collection privée Daniel Alibert)

Les murs peuvent être en piteux état, comme ici, car les façades ne sont restaurées. Le mur porte encore les « stigmates » des maisons qui étaient construites contre le monument (maisons démolies en 1896). 

Menier est une entreprise française créée en 1816 par Antoine Brutus Menier. La fabrication des tablettes de chocolat a débuté en 1856.

Malgré les intempéries, les guerres et la rénovation des bâtiments, des réclames murales ont survécu le long des routes et dans certains villages… Et elles deviennent le témoin d’une époque.

La réalisation d’enseignes murales a aujourd’hui quasiment disparu ou est devenue marginale dans de nombreux pays, si ce n’est dans les pays du Sud où cette pratique est encore largement répandue. Le mur réclame connaît ses derniers moments de gloire en Europe dans les années 1950. Souvent, les publicités murales ont laissé place aux panneaux publicitaires.

Limoux est une petite ville située dans le département de l’Aude. Elle est connue pour la production d’un vin pétillant fabriqué depuis le XVIème siècle, la blanquette de Limoux. Quant aux réclames Suze, elles sont très homogènes. Elles se caractérisent par de grandes lettres noires à effet de relief blanc sur un fond jaune vif, caractéristique de la bouteille.

C’est une époque où les publicités pour le vin et les boissons alcoolisées s’étalaient partout, notamment sur les murs bordant routes nationales et départementales.
En 1819, Alexandre Bisquit crée les cognacs Bisquit, aujourd’hui internationalement connus et savourés ! Née en 1947, Kronenbourg est une bière alsacienne profondément ancrée en France. Bière populaire par excellence, la marque affirme une identité empreinte d’histoire et de savoir-faire : « une bière d’Alsace », terre d’origine de Kronenbourg. 
Quant à Dubonnet, c’est une marque de vermouth, alcool aromatisé essentiellement au quinquina qui se décline en rouge et blancLes murs peints publicitaires racontent l’histoire économique des marques et des commerces.  Des marques très présentes dans la première moitié du XXe siècle perdent en visibilité comme Dubonnet.

Ci-dessus pratique du palimpseste : on utilisait et réutilisait, après les avoir « grattés » et enduits d’une couche de fond, les mêmes murs.

Vinifruit est une entreprise spécialisée dans la transformation et la conservation de fruits, depuis 28 ans. St Yorre, est une eau connue pour ses bienfaits sur le système digestif. Chambourcy, est une société qui fabrique des yaourts, dont le slogan Chambourcy, oh oui, était interprété par Sandy.

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Narbonne (Collection privée Daniel Alibert)

En 1828 Coenraad Van Houten, chimiste hollandais, invente la presse hydraulique à cacao qui permet de séparer le beurre et la poudre de cacao et ainsi permet au monde entier de consommer du chocolat sous toutes ses formes. Merci Monsieur Van Houten !

Ces publicités murales mettent en valeur des produits de consommation essentiellement alimentaires, mais d’autres réclames, que nous verrons une prochaine fois…présentent bien d’autres marques, disparues ou non !

A bientôt pour le deuxième épisode…

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Exposition patrimoniale Les Routes d’eau du Narbonnais

Exposition patrimoniale Les Routes d’eau du Narbonnais

 

afficheLa nouvelle exposition patrimoniale de la Médiathèque est présentée jusqu’au 22 septembre 2019 au rez-de-chaussée de la Médiathèque, dans l’espace patrimonial.

Cette année, le secteur patrimoine vous propose de sillonner les routes d’eau : le canal du Midi, le canal de Jonction et le canal de la Robine.

Cette exposition vous invite à revivre l’histoire parfois mouvementée de ces canaux ; dès l’Antiquité, déjà les Romains voulaient maîtriser les eaux tumultueuses de l’Aude, appelé alors Atax.

 

Mais ce n’est qu’au XVIIe siècle qu’un certain Pierre-Paul Riquet, fermier général du Languedoc, se lance dans un chantier titanesque : la construction du canal du Midi, qui bouleversera toute l’économie d’une région. Dans la continuité de ce succès, les ingénieurs voudront relier le canal du Midi à la mer Méditerranée par la construction du canal de la Robine et de celui de la Jonction. Ce projet sera finalisé seulement plus d’un siècle plus tard.

Ces routes d’eau rassemblent des ouvrages d’art remarquables, comme le pont-canal du Répudre ou l’épanchoir de Gailhousty.

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Collection particulière

Outre leur histoire, cette exposition met en lumière l’importance économique et commerciale de ces canaux, qui ont permis une circulation dense et régulière de denrées et de voyageurs pendant des siècles.

Des images inédites du canal de la Robine à Narbonne sont présentées. Elles montrent le canal, à la fois comme la laverie des Narbonnais (les lavandières), et comme la première piscine de la ville (où des jeux et des compétitions de natation étaient organisés).

Face au déclin progressif de toute activité commerciale, les routes d’eau retrouvent aujourd’hui un second souffle avec le développement du tourisme fluvial, à l’instar du petit hameau du Somail sur le canal du Midi. Il fait l’objet actuellement d’un grand projet d’aménagement et de valorisation économique et touristique.

Les 20 panneaux de l’exposition sont complétés par la présentation de documents exceptionnels, exhumés des réserves des fonds patrimoniaux et jamais montrés au public. Une carte du Canal royal de la province du Languedoc de 1771 de plus de 2 mètres de long est exposée pour la première fois. De nombreux ouvrages comme L’Histoire du canal royal de Languedoc par les descendants de Pierre-Paul Riquet (1805) ou encore le plan et la coupe d’un coche d’eau du XVIIIe siècle enrichissent cette exposition didactique et illustrée.

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Photo Grand Narbonne

 

Vous pouvez télécharger ici le livret de l’exposition : Livret expo patrimoniale 2019

 

Pour plus d’informations, RDV au service patrimoine de la médiathèque.

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