Quand les publicités faisaient le Mur – 1

Quand les publicités faisaient le mur – épisode 1

 

La publicité murale apparaît en France au début des années 1840.

Le développement de la consommation de masse, l’essor des transports en commun et des grands axes routiers entraînent une nécessité de réclames en grand format et durable.

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Carte postale des halles de Narbonne  vers 1930 avec la publicité peinte sur les persiennes « Eaux du Boulou ». (collection privée Daniel Alibert)

Une publicité murale ou mur réclame (plus rarement enseigne murale) est un pan de mur, en général peint à la main, dont l’objet est d’indiquer la présence d’un magasin ou de faire la réclame d’un produit.

Aujourd’hui, les publicités murales qui ont survécu sont redécouvertes et sont considérées comme une trace des activités commerciales et industrielles, mais aussi des conceptions sociales et esthétiques d’une époque. 

Nombreuses sont les publicités murales qui n’existent plus aujourd’hui….mais certaines ont subsistées dans le département de l’Aude.

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Villedaigne, route principale

 

Les murs peints sont la solution et deviennent à la mode au début du XXe siècle. Un nouveau métier est né, pignoniste : peintre œuvrant sur les pignons des maisons.

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Façade du Palais des archevêques en 1904 donnant rue de la République (actuelle rue Jean Jaurès). Chocolat Menier. (collection privée Daniel Alibert)

Les murs peuvent être en piteux état, comme ici, car les façades ne sont restaurées. Le mur porte encore les « stigmates » des maisons qui étaient construites contre le monument (maisons démolies en 1896). 

Menier est une entreprise française créée en 1816 par Antoine Brutus Menier. La fabrication des tablettes de chocolat a débuté en 1856.

Malgré les intempéries, les guerres et la rénovation des bâtiments, des réclames murales ont survécu le long des routes et dans certains villages… Et elles deviennent le témoin d’une époque.

La réalisation d’enseignes murales a aujourd’hui quasiment disparu ou est devenue marginale dans de nombreux pays, si ce n’est dans les pays du Sud où cette pratique est encore largement répandue. Le mur réclame connaît ses derniers moments de gloire en Europe dans les années 1950. Souvent, les publicités murales ont laissé place aux panneaux publicitaires.

Limoux est une petite ville située dans le département de l’Aude. Elle est connue pour la production d’un vin pétillant fabriqué depuis le XVIème siècle, la blanquette de Limoux. Quant aux réclames Suze, elles sont très homogènes. Elles se caractérisent par de grandes lettres noires à effet de relief blanc sur un fond jaune vif, caractéristique de la bouteille.

C’est une époque où les publicités pour le vin et les boissons alcoolisées s’étalaient partout, notamment sur les murs bordant routes nationales et départementales.
En 1819, Alexandre Bisquit crée les cognacs Bisquit, aujourd’hui internationalement connus et savourés ! Née en 1947, Kronenbourg est une bière alsacienne profondément ancrée en France. Bière populaire par excellence, la marque affirme une identité empreinte d’histoire et de savoir-faire : « une bière d’Alsace », terre d’origine de Kronenbourg. 
Quant à Dubonnet, c’est une marque de vermouth, alcool aromatisé essentiellement au quinquina qui se décline en rouge et blancLes murs peints publicitaires racontent l’histoire économique des marques et des commerces.  Des marques très présentes dans la première moitié du XXe siècle perdent en visibilité comme Dubonnet.

Ci-dessus pratique du palimpseste : on utilisait et réutilisait, après les avoir « grattés » et enduits d’une couche de fond, les mêmes murs.

Vinifruit est une entreprise spécialisée dans la transformation et la conservation de fruits, depuis 28 ans. St Yorre, est une eau connue pour ses bienfaits sur le système digestif. Chambourcy, est une société qui fabrique des yaourts, dont le slogan Chambourcy, oh oui, était interprété par Sandy.

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Narbonne (Collection privée Daniel Alibert)

En 1828 Coenraad Van Houten, chimiste hollandais, invente la presse hydraulique à cacao qui permet de séparer le beurre et la poudre de cacao et ainsi permet au monde entier de consommer du chocolat sous toutes ses formes. Merci Monsieur Van Houten !

Ces publicités murales mettent en valeur des produits de consommation essentiellement alimentaires, mais d’autres réclames, que nous verrons une prochaine fois…présentent bien d’autres marques, disparues ou non !

A bientôt pour le deuxième épisode…

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Exposition patrimoniale Les Routes d’eau du Narbonnais

Exposition patrimoniale Les Routes d’eau du Narbonnais

 

afficheLa nouvelle exposition patrimoniale de la Médiathèque est présentée jusqu’au 22 septembre 2019 au rez-de-chaussée de la Médiathèque, dans l’espace patrimonial.

Cette année, le secteur patrimoine vous propose de sillonner les routes d’eau : le canal du Midi, le canal de Jonction et le canal de la Robine.

Cette exposition vous invite à revivre l’histoire parfois mouvementée de ces canaux ; dès l’Antiquité, déjà les Romains voulaient maîtriser les eaux tumultueuses de l’Aude, appelé alors Atax.

 

Mais ce n’est qu’au XVIIe siècle qu’un certain Pierre-Paul Riquet, fermier général du Languedoc, se lance dans un chantier titanesque : la construction du canal du Midi, qui bouleversera toute l’économie d’une région. Dans la continuité de ce succès, les ingénieurs voudront relier le canal du Midi à la mer Méditerranée par la construction du canal de la Robine et de celui de la Jonction. Ce projet sera finalisé seulement plus d’un siècle plus tard.

Ces routes d’eau rassemblent des ouvrages d’art remarquables, comme le pont-canal du Répudre ou l’épanchoir de Gailhousty.

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Collection particulière

Outre leur histoire, cette exposition met en lumière l’importance économique et commerciale de ces canaux, qui ont permis une circulation dense et régulière de denrées et de voyageurs pendant des siècles.

Des images inédites du canal de la Robine à Narbonne sont présentées. Elles montrent le canal, à la fois comme la laverie des Narbonnais (les lavandières), et comme la première piscine de la ville (où des jeux et des compétitions de natation étaient organisés).

Face au déclin progressif de toute activité commerciale, les routes d’eau retrouvent aujourd’hui un second souffle avec le développement du tourisme fluvial, à l’instar du petit hameau du Somail sur le canal du Midi. Il fait l’objet actuellement d’un grand projet d’aménagement et de valorisation économique et touristique.

Les 20 panneaux de l’exposition sont complétés par la présentation de documents exceptionnels, exhumés des réserves des fonds patrimoniaux et jamais montrés au public. Une carte du Canal royal de la province du Languedoc de 1771 de plus de 2 mètres de long est exposée pour la première fois. De nombreux ouvrages comme L’Histoire du canal royal de Languedoc par les descendants de Pierre-Paul Riquet (1805) ou encore le plan et la coupe d’un coche d’eau du XVIIIe siècle enrichissent cette exposition didactique et illustrée.

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Photo Grand Narbonne

 

Vous pouvez télécharger ici le livret de l’exposition : Livret expo patrimoniale 2019

 

Pour plus d’informations, RDV au service patrimoine de la médiathèque.

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Des notes inédites sur Pierre Reverdy

Manuscrit de Maurice Saillet sur la vie de Pierre Reverdy

(acquisition 2018)

 

Parmi la richesse des collections patrimoniales de la Médiathèque du Grand Narbonne, il existe un fonds particulier qui ne cesse de se développer depuis quelques années à savoir le fonds Pierre Reverdy, du nom du poète né à Narbonne en 1889.

Ami de grands poètes comme Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Louis Aragon et André Breton, Pierre Reverdy fréquenta également de nombreux artistes avec qui il collabora tout au long de sa vie sur ses recueils : Pablo Picasso, Georges Braque ou Henri Matisse.

Outre les éditions originales acquises au gré des ventes, la Médiathèque a eu l’opportunité d’acheter en 2018 un manuscrit inédit de l’écrivain Maurice Saillet (1914-1990) relatant des épisodes inédits de la vie du poète, écrit quelques semaines après sa mort.

Le manuscrit du critique littéraire Maurice Saillet était destiné à Gabriel Bounoure (1886-1969) autre écrivain français, en charge de la poésie à la Nouvelle Revue Française.

Souhaitant publier un essai sur Pierre Reverdy, Gabriel Bounoure sollicita Maurice Saillet qui lui envoya 5 feuillets manuscrits sur quelques faits marquants de sa vie, lui demandant expressément de détruire ses feuillets après lecture…

Notes1.jpgAu gré des lignes, on y apprend que le père de Reverdy, négociant en vins, fut ruiné après la Révolte des vignerons en 1907 ; le poète en ressentira une aversion envers Clémenceau toute sa vie. Puis ses parents divorcèrent.

Plus loin, sont évoqués l’amour de Pierre Reverdy pour son père et son grand-père paternel ; l’auteur cite aussi sa sœur Henriette, de trois ans son ainée, à la santé mentale fragile et qui écrivait aussi un peu de poésie.

Dès la mort subite de son père en 1911, Pierre Reverdy ne revint plus jamais à Narbonne.

Suivent d’autres relations de Pierre Reverdy pendant ses années parisiennes (1910-1926) puis dans sa retraite de Solesmes (Sarthe) où il vécut jusqu’à la fin de ses jours.

Grace à ses souvenirs, les propos de Maurice Saillet, un proche de Reverdy, permettent de ressentir à la fois tout le mal-être, l’agitation et les blessures du poète, mais aussi toute l’admiration qu’il lui inspirait. 

 

 

Le manuscrit est consultable sous conditions pour les chercheurs :

s’adresser au service patrimoine.

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Extraordinaire ! : un recueil d’estampes du XVIIe siècle découvert dans les réserves

Après la découverte d’un 13eme incunable dans les fonds anciens, un nouveau document précieux a été exhumé des réserves. Il s’agit d’un recueil de gravures des XVIe et XVIIe siècles, œuvres du peintre flamand Maarten de Vos et des frères Raphael et Johann Sadeler, issus d’une dynastie reconnue de graveurs flamands.

L’ensemble regroupe 138 estampes (format 21 x 17 cm environ), présentées 2 par page dans un volume in folio

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(S 740 – Fonds précieux Médiathèque du Grand Narbonne)

L’ouvrage est composé de 5 séries de 26 ou 30 gravures intitulées respectivement :

Solitudo sive vitae patrum eremicolarum (ou le désert ou la vie des ermites) (1585-1586)
Oraculum anachoreticum (ou l’oracle des anachorètes) (1600)
Sylvae sacrae (ou Des forêts sacrées) (1594)
Trophaeum vitae solitariae (ou Trophée de la vie solitaire) (1598)
Solitudo sive vitae foeminarum (ou le désert ou la vie des femmes) ab Justo Sadeler (1621)

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Toutes ces estampes sont des gravures sur cuivre (eau-forte ou burin) d’après les dessins de Maarten de Vos (1532-1603) peintre et graveur flamand ; elles représentent des portraits d’ermites, d’anachorètes (moines retirés de la société pour vivre dans la solitude), hommes ou femmes (dernière série).

Sadeler1 - Copie

Ce recueil a été repris plus tard par Thomas de Leu et Jean Leclerc au début du XVIIe siècle, mais en imprimant les gravures inversées par rapport à celles des frères Sadeler.

Actuellement seuls deux exemplaires de la première édition de ce recueil sont référencés à la Bibliothèque Nationale de France et à la Bibliothèque des Arts Décoratifs de Paris. Les séries sont ailleurs souvent éparpillées et reliées séparément.

L’exemplaire narbonnais, qui semble un des plus complets encore conservé, serait le 3eme exemplaire connu dans le monde.

 

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