Paul Albarel : un médecin narbonnais dans la tourmente de la guerre

photo AlbarelLa Médiathèque du Grand Narbonne peut s’enorgueillir de posséder dans ses fonds, un fonds privé particulièrement important, de par sa quantité et de par son intérêt historique,  à savoir le fonds Albarel du nom de ce médecin narbonnais , écrivain, poète et célèbre félibre.

Paul Albarel est né à Saint-André-de-Roquelongue près de Narbonne, le 12 décembre 1873. Son père, charron, souhaite pour son fils de brillantes études et l’envoie pour ce faire à Narbonne au Petit Séminaire, puis à Montpellier à la faculté de médecine dont il sort médecin à 22 ans. Il commence sa carrière dans son village natal, la continue à Névian, et la termine à Narbonne.

Dans le même temps, il commence à publier des poèmes en occitan dans la revue Terre d’Oc, publie des pièces et autres farces en langue occitane. Il est le fondateur en 1911 avec deux amis de la revue artistique et littéraire « la Cigale narbonnaise ». Pendant la première guerre mondiale, il part sur le front d’Orient, à Salonique, comme médecin-major.

Elu dans un premier temps mainteneur de Félibrige en 1904, consécration suprême, il est élu majoral du Félibrige en 1918.

3Dans sa volonté de rendre accessible à tous l’occitan (langue alors méprisée), il commence (comme Achille Mir le fait sur le Carcassonnais) à écrire des fables, contes, pièces théâtrales le plus souvent comiques.

Il collabore, grâce à son importante érudition et vif intérêt pour Rabelais à de nombreuses sociétés savantes, comme la Commission archéologique et littéraire de Narbonne. Il meurt à Montpellier en 1929 suite à une intervention chirurgicale. Une rue à Narbonne porte son nom et un buste du poète réalisé par le sculpteur René Iché est installé dans le jardin proche de l’actuelle Médiathèque.

 En 1988, un descendant de Paul Albarel donne à la Bibliothèque municipale de Narbonne quatre grands cartons ayant appartenu à Paul Albarel, comprenant divers écrits et livres. On y distingue quelques ouvrages lui ayant appartenu ainsi que plusieurs revues, littéraires, poétique ou occitanes, comme « lo Gai Saber », « la Cigalo Lengadouciano » ou « Lou Felibrige ». Y sont aussi rassemblées des revues médicales (« Hippocrate », « le Monde médical »). Sont conservés aussi plusieurs exemplaires de ses propres œuvres littéraires ou autres articles publiés dans les bulletins des sociétés savantes. Parallèlement, Albarel conserva l’ensemble de sa correspondance au sein du Félibrige ou avec ses amis écrivains. Enfin, le reste du fonds est constitué de multiples cahiers ou feuillets, regroupant ses notes d’écriture, ses brouillons, ses poèmes, pièces de théâtre etc…

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1En 2014, ce fonds initial fut complété par un second don rassemblant un important ensemble de documents issus de la Première guerre mondiale, pendant laquelle le médecin Albarel avait exercé en Grèce pendant l’expédition de Thessalonique. D’abord médecin de réserve (il avait 41 ans), il est mobilisé à Narbonne en 1915 et il embarque en octobre à Marseille pour Salonique. Exerçant principalement dans un hôpital d’évacuation, il y resta jusqu’en juin 1917. De son expérience, Paul Albarel ramène un journal de bord détaillé où il décrit chaque journée passée au front ou à l’hôpital, ses temps de repos pendant lesquels il visite la ville.

Son journal est accompagné d’un part d’une collection importante de cartes postales qu’il envoyait très régulièrement à sa famille restée à Névian (sa femme et ses trois filles), et d’autre part de nombreuses photographies de la région de Salonique et de sa vie militaire.

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Pendant cette période intense de commémoration du premier conflit mondial, ce journal de route et ces photographies inédites sont un témoin primordial de l’action des armées alliées sur le front d’Orient.

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Outre l’aspect militaire du conflit, les photographies et les cartes postales décrivent une ville orientale aux multiples facettes et l’intérêt ethnographique est indéniable. L’ensemble de ces vues représente aussi une ville,  à la fois chrétienne et musulmane, entourée d’imposants remparts et riche de monuments historiques.

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Ces photographies sont d’autant plus intéressantes que, deux mois après le départ d’Albarel de Salonique, la cite sera entièrement détruite par un gigantesque incendie dans lequel plus de 9000 bâtiments disparaissent.

Ce fonds exceptionnel est en cours de traitement et fera l’objet d’une future exposition patrimoniale. En attendant, voici d’autres trésors du fonds Albarel :

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Nous remercions les Archives départementales de l’Aude pour la numérisation des photographies

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