À la recherche des cafés narbonnais disparus…

La ville comptait au début du XXe siècle une soixantaine de bars et buvettes ; chaque quartier possédait un ou plusieurs débits de boissons. Les plus célèbres, devenus au fil du temps de véritables institutions, étaient situés en centre ville.

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Café Continental – Collection particulière

Le café Continental se trouvait à l’angle du cours de la République et de la rue Marcelin Coural. Le jeudi, jour de marché, le monde de la viticulture (propriétaires, négociants et courtiers en vin) se réunissait sur la promenade des Barques ; les affaires étaient conclues au Continental et au café des 89 départements (visible au second plan).

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Intérieur café Continental – Collection particulière

Dans les premières décennies du XXe siècle, les cafés étaient souvent le siège de sociétés, clubs et cercles divers.

Seuls les hommes fréquentaient ces lieux. Au Continental, des salles accueillaient à l’étage les messieurs de la bonne société qui s’adonnaient aux jeux d’argent. La Confédération générale des vignerons y avait également établi son siège.

Le café des 89 départements vers 1930

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Café des 89 départements vers 1930 – Collection particulière

Appelé à la fin du XIXe siècle le Grand café Charles mais également café des 89 départements, gardant ce nom même si la France n’en comptait plus que 86 suite à la défaite de 1870, cet établissement ferme au début des années 1990.

Il est transformé en fast food en 1992 avant de devenir une brasserie en 2011.

Le café des 89 départements dans les années 1960

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Café des 89 départements dans les années 1960 – Collection Bouscarle

Le « 89 » comme l’appelaient les Narbonnais, était admirablement bien placé face à la promenade des Barques. De grands lotos y étaient organisés lors des fêtes de Noël et du Nouvel An. Jean Eustache, dans son film Le Père Noël a les yeux bleus, a immortalisé ces parties « à quine et à carton plein » qui attiraient de nombreux joueurs. Si on en croit les inscriptions sur les vitres de la devanture, la photographie a été prise à ce moment-clé de l’année.

Le café de Paris (début XXe siècle)

Bien à l’abri entre le pont des Marchands et le « 89 », sa terrasse donnait sur le cagnard de Cité ; l’entrée principale était située rue du Pont.

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Café de Paris (début XXe siècle) – Collection particulière

 La photographie ci-dessous a été prise dans la deuxième moitié du XIXe siècle. 

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Café de Paris (deuxième moitié du XIXe siècle) – Collection particulière

Le café Glacier : 1890-1970

Situé à l’angle du cours de la République et du boulevard Gambetta, le Glacier a été démoli au début des années 1970 et remplacé par une banque. Son architecture avec sa toiture en ardoise était typique des immeubles construits sur les boulevards lors de la prospérité viticole, après la destruction des fortifications.

Photographies : collection particulière pour les cartes postales ; collection Bouscarle pour les deux petites photos ci-dessous à droite.

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Café du Château d’eau – Collection particulière

Le café du Château d’eau était situé à l’emplacement de l’immeuble qui abritait jusqu’au milieu du XIXe siècle la machine hydraulique.

Ce système permettait de capter l’eau de la Robine, de la hisser au niveau du jardin de l’archevêché. Un aqueduc franchissait la rue ; les canalisations amenaient l’eau jusqu’à la place Bistan (actuelle place du Forum).

Le cliché ci-dessous montre la rue de la République (actuelle rue Jean Jaurès) vers 1910 avec à droite la café du Château d’eau.

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Café du Château d’eau à droite – Collection particulière

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Bar Paincout – Collection particulière

Le bar Paincout boulevard Gambetta

Le 19 juin 1907, les cuirassiers qui occupaient Narbonne lors des événements viticoles, mitraillent cet établissement, faisant les premières victimes.

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Bar des Quatre fontaines – Collection Bouscarle

Le bar des Quatre fontaines, sur la place Albert Thomas (actuelle place des 4 fontaines).

Jean Eustache a choisi ce café comme point de ralliement des héros de son film Mes Petites amoureuses tourné en 1974.

Le grand café Continental entre 1900 et 1930

Certains cafés ont traversé le temps. Ils sont toujours au même endroit et portent parfois le même nom qu’au début du XXe siècle.

Le café de France, cours de la République, vers 1900.

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Café de France – Collection particulière

Le Richelieu, boulevard de la Révolution, aujourd’hui boulevard Joffre, au début du siècle dernier

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Le Richelieu – Collection particulière

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Le Richelieu – Collection particulière

Le Montmorency, à l’angle du boulevard Ferroul et du quai Vallière : à gauche vers 1910 et vers 1960. Une brasserie occupe aujourd’hui cet emplacement.

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Le Montmorency – Collection particulière

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Le Montmorency – Collection particulière

Les cafés narbonnais à travers les films de Jean Eustache (1938 – 1981)

De 1951 à 1957, Jean Eustache habite Narbonne place Albert Thomas (actuelle place des Quatre-Fontaines). Il se souvient de son adolescence narbonnaise dans un court métrage tourné dans notre ville l’hiver 1965-1966, Le père Noël a les yeux bleus avec en vedette Jean-Pierre Léaud, et dans un film réalisé durant l’été 1974, Mes petites amoureuses avec dans les rôles principaux Martin Loeb et Ingrid Caven. Dans ces deux films, l’essentiel des acteurs sont des amateurs originaires de notre région. Les cafés sont, aussi bien en 1965 qu’en 1974, le lieu de rendez-vous privilégié des Narbonnais.

 Découvrez  des  extraits

Bibliographie

Ce blog a été établi en consultant des ouvrages issus des collections de la Médiathèque du Grand Narbonne :

  • Narbonne mon amie, Narbonne, Association Connaître Narbonne, 1988
  • André MÈCLE, Narbonne, Marguerittes (Gard), Équinoxe, 1992 (Métamorphoses)
  • Christophe BELSER, Narbonne il y a cent ans en cartes postales anciennes, Prahecq (79230), Patrimoines et médias, 2012
  • Claude FAGEDET, L’histoire de Narbonne racontée à mes filles, Narbonne, Impr. De Bourg, 2004
  • Jean-Claude SÉRANO, Narbonne : voyage au siècle dernier, Béziers, Aldacom, 2008 (Regards du passé)
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4 commentaires pour À la recherche des cafés narbonnais disparus…

  1. pierrot dit :

    Superbe doc de narbonne je voudrai avoir des nouvelles de marie andree fa neca dit made ayant habiter avenue leclerc a narbonne merci

  2. Odette Vey dit :

    merci magnifique bloc j’adore

  3. Nicole dit :

    Je souhaite que ce « blog » nous fasse découvrir ou redécouvrir encore et encore les richesses de notre Ville. Merci aux personnes qui travaillent à ces articles.

  4. Audrey dit :

    Toujours et encore plein de plaisir avec ce retour dans le passé…Fabuleux: on fait revivre Narbonne par ces photos et le texte qui nous explique. Bravo encore!

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